Fin d’été à Paris

…avant que tout nos Parisiens rentrent de vacances.

Le quartier culinaire de la capitale n’est pas encore envahi. C’est là que l’on rencontre les enseignes des boutiques en ustensiles de cuisine « Bovida, Simon, Dehillerin » ; cet endroit autrefois appelé « le ventre de Paris » et qui se nomme aujourd’hui « Les Halles ».

Je flânais dans une des rues adjacentes, quand une effluve chaude et puissante arriva jusqu’à moi. Celle-ci se dégageait d’une microscopique échoppe à la couleur rouge piment. Piquée au vif, je m’engouffrais dans ce qui s’avéra être un fort petit espace d’environ 20 m2 totalement  saturé d’odeurs. Mon regard se posa sur les murs de cette pièce chargée de rangées d’étagères où trouvaient place de petits pochetons en papier kraft. Etiquetés des noms de différents pays exotiques ceux-ci diffusaient dans la pièce odeurs et parfums multiples. Je me trouve alors face au maître des lieux, Monsieur Bruno, d’un accueil vif, présent, tel un piment. J’avais entendu parler affectueusement de cette boutique orientée sur les épices, là où le poivre est roi.

Depuis une quinzaine d’années, j’avais dégusté nombre de poivres différents, mais ce Monsieur Bruno était de retour d’un long voyage de cueillette (Inde et Vietnam) et dans son regard je comprenais qu’il avait déniché « une pépite rare ».

En très peu du temps, il me concasse 2-3 baies en forme de cœur ouvert, éclatées flétries mais pas sèches, voir souples, d’un faux poivre qu’il égrène dans le creux de ma main. Quel parfum !!! J’avais un pamplemousse, un ananas, un citron dans chaque narine d’une fraicheur inouïe, persistante, vivace, tout simplement envoûtante.

Poivre TImut du Népal | La Greco

On découvre une fraicheur surprenante, un acidulé et une pointe très légèrement épicée, mais toute ténue on pourrait même croire à une sensation presque effervescent.

C’est un ersatz de poivre, cousin proche d’un Sichuan, appelé faux poivre. Le fameux Timut ou Timur, prononcé Timour, provient des plateaux nord du Nepal. Ce poivre Timut était inconnu en France.

C’est un chocolatier de renom qui avait demandé à ce Monsieur Bruno de se renseigner pour savoir où trouver ce joyau afin de rehausser ses ganaches et autres entremets à base de chocolat.

J’étais bluffée et attendrie devant ces petites baies, jamais rondes. J’espérais pouvoir décider Monsieur Bruno de me vendre un petit grammage de ce poivre juste incroyable, car il ne possédait qu’un échantillon de 500 grammes. Ce fut chose faite, une heure après j’avais dans ma poche 50 grammes de ce trésor.

Le Timut rentrait dans ma cuisine…

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